
L'EMPLOI
PROJET— Développement de l'emploi adapté à la RD Congo, ancré dans les valeurs africaines
La RD Congo est l'un des pays les plus riches du monde en ressources naturelles, mais sa population — dont plus de 60 % a moins de 25 ans — fait face à un déficit massif d'emplois décents. Le secteur informel représente environ 75 à 90 % des activités économiques à Kinshasa et dans les grandes villes.africmemoire.com
Dans toute l'Afrique de l'Ouest et du Centre, plus de 80 % des emplois sont informels, et des secteurs stratégiques comme l'agriculture, les mines et l'énergie peinent à trouver des compétences locales.
Données clés :

Application concrète au projet :
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Les structures d'accompagnement fonctionnent en cercles solidaires.
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L'évaluation d'un entrepreneur ne porte pas seulement sur son chiffre d'affaires mais sur les emplois indirects créés dans sa communauté.
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Les financements incluent une clause de « réciprocité communautaire » : le bénéficiaire s'engage à former à son tour au moins deux personnes de sa localité.
L'économie sociale et solidaire (ESS), version africaine
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L'ESS en Afrique existe depuis des siècles et puise dans les coutumes et traditions du continent : tontines rotatives, greniers communautaires, travaux collectifs saisonniers (salongo au Congo, kilamo ailleurs).
Application concrète au projet :
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Chaque « pôle emploi » est structuré comme une coopérative territoriale et non comme une agence administrative.
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Les décisions de financement sont prises par un comité de sages mêlant anciens, entrepreneurs établis et jeunes porteurs de projets.
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Le capital de départ peut être mixte : numéraire + apport en nature (terres, outils, matières premières locales).
La dignité du travail manuel et artisanal
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Dans de nombreuses traditions africaines, le « métier » est un héritage familial valorisé — forgeron, tisserand, cultivateur. La colonisation puis la modernité ont dévalorisé ces métiers au profit du col blanc.
Les racines du problème
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Déconnexion formation-emploi : les cursus universitaires et techniques restent déconnectés des besoins réels du marché.
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Absence de pont formel-informel : le secteur informel est considéré comme un problème à éliminer plutôt qu'un vivier à structurer.
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Modèles importés : les politiques de l'emploi copient des modèles occidentaux (agences type Pôle emploi, stages en entreprise formelle) inadaptés à une économie où l'entreprise formelle est minoritaire.
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Fracture territoriale : les initiatives se concentrent à Kinshasa, Lubumbashi et Goma, délaissant les provinces rurales.
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Non-reconnaissance des structures traditionnelles : tontines, coopératives villageoises, associations de métiers — ces formes africaines ancestrales d'organisation économique sont rarement intégrées dans les politiques nationales.

FONDEMENT : LES VALEURS AFRICAINES COMME MOTEUR ÉCONOMIQUE
Le projet repose sur un postulat simple : l'Afrique dispose déjà, dans ses valeurs et traditions, des outils de son développement économique. Il ne s'agit pas d'importer, mais de révéler et de structurer.

Ubuntu — « Je suis parce que nous sommes »
La philosophie Ubuntu ( présente dans toute l'Afrique sous différents noms : bomoto, bisoïté au Congo, harambee au Kenya) pose que la réussite individuelle n'a de sens que dans la réussite collective.

Application concrète :
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Revalorisation symbolique par la création de labels « Made in Province ».
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Transmission intergénérationnelle : un jeune apprenti + un maître-artisan + un financement = une micro-entreprise enregistrée.

VISION ET OBJECTIFS
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Vision
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Faire émerger, dans chaque province de la RD Congo, un écosystème d'emploi et d'entrepreneuriat enraciné dans les solidarités locales, où chaque jeune trouve une voie digne — salariée, coopérative ou entrepreneuriale — sans avoir à quitter sa terre.
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Objectif général
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Créer 50 000 emplois décents en 5 ans dans 5 provinces pilotes (Kinshasa, Kongo Central, Nord-Kivu, Haut-Katanga, Tshopo), en structurant le passage du secteur informel vers une économie locale formalisée, solidaire et durable.
Objectifs spécifiques


ARCHITECTURE DU PROJET : LES 4 PILIERS
PILIER 1 : LA MAISON DU TRAVAIL
Des guichets physiques de proximité, un par territoire, co-gérés par la communauté et l'État.
Services :
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Orientation professionnelle et bilan de compétences.
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Mise en relation directe avec les opportunités locales (pas de CV formel exigé : entretien oral, mise en situation).
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Inscription simplifiée (carte d'identité + numéro de téléphone).
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Espace de coworking rural équipé d'un point numérique solaire.
Innovation clé : La Maison du Travail n'est pas une administration, c'est un espace communautaire installé dans un bâtiment existant (maison communale, église, marché couvert) pour éviter la lourdeur des constructions neuves.

La jeunesse active
PILIER 2 : LE PARCOURS
Un parcours en 3 étapes inspiré du compagnonnage africain.
Étape 1 — Découverte (3 mois)
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Immersion dans un métier artisanal, agricole ou numérique.
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L'apprenti est nourri et logé par le maître, selon la tradition.
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Allocation modeste de subsistance (50 $/mois) fournie par le projet.
Étape 2 — Maîtrise (6 mois)
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Formation technique approfondie dans un centre partenaire.
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Alphabétisation fonctionnelle et gestion de base.
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Élaboration du projet professionnel personnel.
Étape 3 — Émancipation (3 mois)
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Le jeune choisit sa voie : intégrer une coopérative existante, créer sa micro-entreprise, ou être mis en relation avec un employeur formel.
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Accès au Fonds de Solidarité Communautaire (Pilier 3).
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Un parrain (ancien du parcours) l'accompagne pendant 1 an.
PILIER 3 : LE FONDS DE SOLIDARITÉ COMMUNAUTAIRE
Un mécanisme hybride de financement qui combine les atouts de la tontine africaine et de la microfinance moderne.
Fonctionnement :
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Groupes de 10 à 15 porteurs de projets issus du même territoire.
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Chaque groupe cotise à hauteur de ses moyens (argent ou nature : sacs de farine, outils, petit bétail).
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Le fonds central (subventions + partenaires) abonde la caisse à hauteur de 3 fois la valeur des apports locaux.
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Les décisions d'attribution sont prises par le groupe lui-même sous supervision d'un facilitateur du projet.
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Taux de remboursement ciblé : 90 % minimum.
Pourquoi ça marche :
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La pression sociale positive remplace la garantie bancaire.
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Le groupe sélectionne les projets les plus viables car il connaît le terrain.
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L'apport en nature permet aux plus démunis de participer.
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Le mécanisme de la tontine est déjà compris et pratiqué par la population.
PILIER 4 : LES CORRIDORS DE COMMERCIALISATION
Le chaînon manquant entre production locale et débouchés rémunérateurs.
Actions :
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Cartographier les bassins de production (café, cacao, manioc, huile de palme, miel, poisson fumé, artisanat).
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Organiser des groupements de producteurs par filière.
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Négocier des contrats groupés avec les acheteurs urbains et les coopératives de consommateurs.
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Développer une plateforme mobile (SMS et application légère) de mise en relation offre-demande, accessible sans smartphone.
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Créer des mini-entrepôts de stockage et de transformation intermédiaire.
Innovation clé : Le transport est mutualisé. Un camion affrété par le projet ne remonte pas à vide — il livre les produits vers la ville et redescend avec des intrants et des biens manufacturés vers les campagnes (boucle économique circulaire).

